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Déconfinement : changeons d’air et construisons le monde d’après

La crise actuelle interroge largement la capacité de notre société à s’organiser et à faire les bons choix, dans une situation où les enjeux scientifiques laissent la place à beaucoup de questions. Au-delà du débat national, c’est aussi au niveau local que doivent se mettre en place les mécanismes de protection des habitant.e.s et que se jouent les prises de décision concrètes qui ont un impact sur nos vies de tous les jours.

Notre priorité a été de continuer à être dans l’action

Cette crise sanitaire sur notre territoire a été l’expression d’une grande solidarité et d’engagements multiples: distribution de repas et de denrées alimentaires, accompagnement des personnes sans domicile et des femmes victimes de violences, livraison de courses, confection de masques et de visières, accompagnement psychologique… Aussi bien de la part des organisations professionnelles dont cela est la mission, que de la part de nombreux et nombreuses bénévoles. Nous avons vu la solidarité compenser l’affaiblissement inacceptable des services publics des années passées, rendant encore plus difficile le travail des  professionnel.le.s de santé et les personnels municipaux, qui ont été particulièrement mobilisé.e.s.

Un déconfinement démocratique, responsable et solidaire

Si l’essentiel des mesures prises jusqu’à maintenant va dans le bon sens, nous sommes lucides sur les difficultés et les limites de l’action politique locale dans une situation où tant de données sont inconnues ou encore incertaines, et où nous restons face au risque d’un nouveau pic de contamination à venir. Nous redisons aujourd’hui notre conviction que la santé doit passer avant l’économie, et que dans une telle situation la solidarité est indispensable pour faire face à la crise sociale engendrée par la crise sanitaire.

Nous pensons que le débat démocratique doit désormais avoir toute sa place, car c’est au sein de ce débat que peut justement s’exprimer la solidarité. Alors que dans beaucoup de communes, des conseils municipaux ont déjà été organisés, le plus souvent sous forme de visioconférence, aucun n’est prévu à Saint-Nazaire avant juin. Dans cette crise exceptionnelle, certains réflexes ont hélas la vie dure….

Nous soutenons la demande des élu.e.s municipaux de notre collectif pour la tenue d’un conseil municipal extraordinaire très rapidement permettant un état des lieux de la situation et d’établir une prospective à court et moyen terme de toutes les actions à entreprendre.

Par ailleurs, nous proposons :
– L’utilisation d’outils de consultation en ligne des Nazairien.ne.s sur les grands sujets de préoccupation durant la période.
– La création d’un outil de participation cartographié pour recenser les besoins des nazairien.ne.s dans la période et dans le cadre de l’intérêt général, et adapter au plus vite les politiques et investissements publics par exemple l’adaptation des trottoirs et zones piétonnes dans certains quartiers afin de permettre la distanciation physique.

Un système de santé à bout de souffle

Les conséquences du démantèlement des services de santé publics n’est aujourd’hui plus à démontrer. Les personnels des services hospitaliers et de la santé en général n’ont cessé d’avertir un gouvernement sourd à leurs appels. Les instances locales, telles que le conseil de surveillance de l’hôpital ne se sont pas exprimés non plus.

Nous ne pouvons que dénoncer le mépris et le silence des instances administratives envers les soignant.e.s.

Durant cette crise sanitaire, de nombreuses situations problématiques ont été mises en exergue et nous appellent à une grande vigilance : 

  • Augmentation de violence intrafamiliales, notamment envers les femmes et les enfants, avec un manque criant de moyens (type logements d’urgence), et difficultés d’accès à l’interruption volontaire de grossesse.
  • Manque de matériels dans les structures de soin : nous remercions les entreprises qui ont permis aux soignant.e.s de travailler dans des conditions plus acceptables, mais nous ne pouvons nous réjouir d’une telle situation.
  • Situation tendue à la cité sanitaire : fermeture de lits d’hospitalisation ces dernières années, précarité des statuts des soignant.e.s, etc…

Nous proposons : 

– Une mobilisation auprès de l’Etat pour la sortie de l’hôpital du Partenariat Public Privé qui l’asphyxie pour développer une réelle politique d’offre de soins, qui réponde aux besoins de la population et non à une logique de rentabilité guidée par l’emprunt privé.
– Les collectivités locales doivent négocier dès maintenant avec l’ARS l’augmentation de la capacité d’accueil en lit d’hospitalisation. Le tout ambulatoire n’est pas une réponse adaptée.
– De lutter contre la désertification des services publics (fermetures, réductions de personnels et/ou réductions d’horaires des services publics).
– La mise en place en urgence d’un budget municipal dédié dans le cadre du plan égalité femmes/hommes

Des masques efficaces et gratuits en nombre suffisant pour toutes et tous

Nous ne pouvons que le constater : aucune institution n’est actuellement en mesure de fournir le matériel nécessaire à la protection individuelle et collective (hôpital, éducation nationale, entreprises, etc.).

Nous remercions toutes les couturières qui ont fabriqué des masques pour leur entourage et souvent plus, en utilisant leur propre matériel, sans aucune rémunération. Mais nous ne pouvons accepter que cette solidarité nécessaire soit le palliatif d’un état défaillant.

Nous proposons :

– Que les collectivités fassent des commandes supplémentaires pour permettre à l’ensemble de la population d’être protégée, et ce en respectant les normes pour acheter le bon matériel.

Nous dénonçons l’augmentation du prix des masques alors même qu’ils sont aujourd’hui indispensables au déconfinement.

Une politique sociale plus juste et plus efficace

La crise sanitaire que nous traversons accroît les inégalités, et une grande partie de la population se retrouve dans des situations complexes, difficiles, voire précaires ou dangereuses pour la santé. Nous sommes toutes et tous concerné.e.s.

Nous proposons :

– l’extension du chèque cantine pour les familles de collégiens avec le département et de lycéens avec la région.
– une décentralisation du carrefour des solidarités dans un ou deux espaces dans les quartiers afin de limiter les temps d’attente.
– au-delà des familles avec enfants, de nombreuses personnes se voient touchées par des baisses de revenus (chômage partiel ou fin de contrats, intermittents du spectacle, indépendants…). La ville doit réfléchir à expérimenter un dispositif “SOS droits” permettant à toute personne touchée d’avoir un minimum d’aide suivant ses conditions de revenus.

Nous proposons également d’avoir des conférences sociales régulières avec tous les acteurs et actrices de solidarité présent.e.s sur le territoire pour un état des lieux actualisé et redéfinir les plans d’actions prioritaires.

Alimentation : renforcer les circuits alternatifs

Le système mis en place aux halles centrales est satisfaisant, mais les capacités restent limitées. Le confinement a vu se développer et se renforcer les circuits courts qu’il faut continuer de soutenir. 

Nous proposons :

– assouplir les règles d’accès aux marchés et la transparence dans l’attribution des places.
– de créer des files prioritaires dans l’accès au marché pour les personnes les plus fragiles.
– soutenir les circuits courts et marchés de proximité.

Défendre le droit à un logement décent et accessible pour toutes et tous

En période de crise, ce droit est menacé, en particulier par les pertes de revenus générant des difficultés de paiement des loyers.

Nous proposons :

– Une aide au paiement du loyer facilitée sur demande auprès des bailleurs sociaux
– Une mobilisation de la ville et de la carène auprès des services de l’Etat pour un moratoire sur les expulsions locatives de 6 mois dans un premier temps
– De demander l’expérimentation de l’encadrement des loyers afin de bloquer leurs montants
– Que la ville et l’agglomération mette en place l’expérimentation un logement d’abord afin de garantir un toit à toutes et tous.

Les personnes sans domicile sont encore plus fragilisées par la crise car en-dehors des circuits de prise en charge traditionnels. Nous devons dès aujourd’hui penser au jour d’après et réfléchir à mettre en place des conditions de mise à l’abri pérennes et une augmentation du nombre de places d’accueil et des projets alternatifs de logement.

Les écoles : refuser la précipitation du gouvernement

Alors que les associations de parents, les syndicats expriment leurs doutes, leurs inquiétudes, leurs refus d’une réouverture des écoles, la date du 14 mai nous semble précipitée, prise en contradiction avec les recommandations initiales du comité scientifique. Les éléments rendus publics du protocole sanitaire du ministère de l’éducation nationale semblent irréalistes pour les plus jeunes enfants, et particulièrement difficiles à appliquer dans la plupart des locaux. L’argument du volontariat masque mal la réalité économique des motivations du gouvernement, quand on sait que désormais, le chômage partiel ne sera plus accordé aux parents gardant leurs enfants si leur école est ouverte. 

Nous sommes également attentifs à  l’impossibilité de s’organiser pour les familles et les entreprises du fait même des annonces contradictoires quotidiennes et de la violence institutionnelle que subissent les enseignant.e.s, directeur.ice.s et personnels municipaux, du fait de devoir travailler l’ouverture dans l’urgence. Dans ce cadre, le report est aujourd’hui la seule décision claire et viable possible, comme l’on démontré de nombreux.ses maires dans leur prise de position. Cela permettra de mettre en place une communication claire sur les modes opératoires pour les familles et une ouverture sécurisante en temps voulu.

À ce stade et compte tenu des incertitudes, une réouverture généralisée des écoles ne nous paraît donc pas raisonnable.

Nous proposons : 

– La formation de tous les membres de l’équipe éducative sur l’application des gestes barrières puis un exercice “à blanc” de fonctionnement de l’école sans les enfants.
– L’aménagement des établissements scolaires (mise en place des classes, gestion du matériel utilisé par les élèves, réflexion sur la restauration scolaire, gestion des flux entrée/sortie, PPMS, etc….).
– Rédaction de protocoles sur l’hygiène appliquée dans les écoles, sur les équipements nécessaires.
– Ouverture de la cuisine centrale pour permettre aux familles de se procurer des repas au prix des tickets de cantine.
– L’organisation d’un soutien scolaire à distance avec les associations qui oeuvrent dans ce domaine et de nouveaux volontaires.

S’il ne faut pas que l’école soit rétablie à la va-vite pour satisfaire des objectifs économiques ou d’affichage politique, il est pourtant nécessaire de proposer une prise en charge rapide des enfants des familles qui en éprouvent le plus besoin. Un accompagnement psychologique peut aussi être proposé ainsi que des espaces de parole pour les enfants et les familles. 

Soutien économique – entreprises et commerces

Les petites et moyennes entreprises, les commerçants de proximité font face à des situations économiques très difficiles.

Les conditions de reprise de travail dans les entreprises reposent sur de fragiles préconisations sanitaires. Toutes les entreprises intervenant sur les marchés publics doivent répondre à des exigences sociales et sanitaires revues à la hausse.

De plus, les emplois nécessaires au maintien des services indispensables pendant cette crise sanitaire sont des métiers dévalorisés financièrement et socialement. Il est urgent de soutenir ces métiers essentiellement féminins, en horaires décalés, précaires.

Les collectivités locales doivent permettre des solutions de transports en commun, des moyens de garde d’enfants adaptés pour ces activités essentielles.

Les grandes entreprises telles l’aéronautique, la navale et le bâtiment doivent être responsables vis à vis de leurs sous-traitants, en leur permettant un maintien et une reprise de l’activité dans de bonnes conditions sanitaires et économiques.

Nous proposons :

– Une réflexion sur l’encadrement des loyers des locaux professionnels doit être engagée.
– Engager collectivement et sur le long terme un dialogue sur le commerce local pour assurer leur pérennité.
– Anticiper la commande publique pour aider au redémarrage des TPE et PME.
– Développer l’économie sociale et solidaire et continuer à favoriser l’économie circulaire.
– Soutenir la reconversion industrielle vers des énergies propres

Par ailleurs, nous devons être lucide : la reconversion prend du temps et il y a un risque de dégradation de l’emploi sur la bassin nazairien. Notre rapport au travail doit être questionné et notre ville doit être prête à protéger ses travailleurs et travailleuses en cas de forte récession. 

Personnel municipal

La situation exceptionnelle du confinement nous a démontré non seulement le caractère essentiel des services municipaux (Etat-civil, CCAS, Petite Enfance, Police Municipale, Ordures Ménagères, Propreté…), mais aussi la capacité des agent.e.s à se mobiliser en cas de nécessité, répondants au besoin de service public garanti par leur statut de fonctionnaire.

Nous avons également vu l’inadéquation des salaires avec le service rendu au quotidien et la nécessité de leur expertise de terrain.

Nous proposons:

– L’ouverture de négociations avec les représentant.e.s du personnel pour revaloriser les salaires et les carrières.
– L’étude de réinternalisation de services ou tâches externalisées ces dernières années (propreté des bâtiments, espaces verts, électricité…).
– Un réel dialogue social permettant la mise en place de véritables plans de gestions du personnel négociés, une confiance basée sur la transparence entre élu.e.s et agent.e.s.

Une municipalité au service de tous ses quartiers

La crise sanitaire et le confinement ont mis en exergue des inégalités territoriales. 

Plus que jamais nous devrons construire demain une réelle ville des proximités avec des accès aux services publics de proximité, commerces et professionnels de santé dans tous les quartiers de la ville, et ce au delà de la projection sur le moyen et long terme pour faire face à l’urgence sociale et éducative.

Nous proposons :

– La mise en place d’équipe de médiation présentes quotidiennement dans les quartiers.
– Une réflexion sur la mise en place de gardien.ne.s d’immeuble permanent.e.s dans les habitats gérés par les bailleurs sociaux.
– L’ouverture sécurisante des maisons de quartiers et des lieux de lien social.
– Le lancement dès maintenant d’une étude sociale approfondie sur les situation de fragilité notamment des enfants et familles monoparentales dans les quartiers.
– Réunir en urgence l’ensemble des signataires du contrat de ville et de déployer des crédits d’actions spécifiques afin de notamment préparer la période estivale.

Débloquer les moyens financiers pour répondre aux besoins

Les mois à venir seront difficiles pour de nombreux nazairiens et nazairiennes.

Les risques de décrochage, de mise en situation de grande pauvreté, ou simplement de dégradation notable de la qualité de vie à cause d’une perte de revenu sont élevés. 

Plus que jamais dans cette situation, le rôle de la ville est de protéger ses habitant.e.s et de permettre l’accès à l’ensemble des services nécessaires auxquels ils ont droit.

Ce qui était une réalité avant la crise devient aujourd’hui encore plus criant ; la règle de non-augmentation des dépenses de fonctionnement de plus de 1.2% n’est pas tenable dans une ville où la population augmente et va être pénalisante sur les budgets des années à venir si l’Etat maintient les sanctions prévues.

Nous dénonçons cette règle et demandons à ce qu’elle soit supprimée.

Vie associative – culture et sport

La vie associative fait la richesse de notre ville. Cette crise ne doit pas la fragiliser. Au contraire, c’est grâce à ce tissu associatif que Saint-Nazaire a pu, par le passé, se relever dans des situations de grande précarité sociale.

C’est pourquoi la ville doit soutenir les associations.

Nous proposons :

– Une facilitation des démarches pour l’ensemble des associations.
– Un accompagnement à la reprise dans de bonnes conditions et au bon moment.
– Une suspension des loyers liés à des bâtiments municipaux ou une aide au loyer par ailleurs.
– Une conférence de la vie associative d’ici fin juin pour faire un état des lieux de la situation.
– Un soutien spécifique aux structures culturelles et aux intermittent.e.s du spectacle durement touché.e.s. Nous dénonçons la position actuelle du gouvernement vis-à-vis des professionnel.le.s de la culture, qui ne doivent pas voir leurs métiers dévoyés et être traité.e.s comme une variable d’ajustement de l’éducation nationale.

Médiathèque et ludothèque : en “drive” uniquement

Pour protéger les personnels et le public, nous refusons la logique annoncée par le gouvernement. Une réouverture “normale”, la circulation de livres, de disques ou de jeux largement manipulés ne semble pas sûre.

Nous proposons :

Un système de réouverture sur réservation avec une période de sécurité avant la manipulation et la remise en accès des supports. 

Déplacements : faciliter la ville

Pour faire face aux reprises de l’activité, nous devons éviter les concentrations excessives de publics dans les transports en commun. Cependant, aujourd’hui, 13 000 foyers n’ont pas de voiture à Saint-nazaire, et le vélo n’est pas adapté à toutes les situations Il faut donc réfléchir à des solutions accessibles et sécurisantes.

Nous proposons : 

– La mise en place rapide de pistes à vélos élargies et sécurisées sur les grands axes, permettant d’augmenter en toute sécurité l’utilisation du vélo.
– Un réseau express avec une voie vélo dédiée sur la liaison Océanis, côte d’amour – Front de mer, Légion d’Honneur, Paul Leferme.
– La mise en place de la gratuité temporaire des transports pour celles et ceux qui n’ont pas d’autre moyen pour se déplacer.

Front de mer : assurer un bol d’air pour tous

La réouverture de la circulation sur le front de mer sans restriction risque d’engendrer une proximité physique forte avec le retour des beaux jours, et une coexistence difficile entre cyclistes, jogger.euse.s, piéton.ne.s. Cependant, comme accepter que des milliers de gens aillent se retrouver sur leur lieu de travail et continuer de leur interdire l’accès à des lieux de promenade en extérieur ?


Nous proposons :

Fermer le front de mer à la circulation automobile pour pouvoir rouvrir dans de bonnes conditions le front de mer aux piéton.ne.s, aux sportif.ve.s et aux vélos. 

Plages

Nous nous satisfaisons de l’ouverture des plages à compter de mardi. Chacun sait à quel point nous avons besoin d’espaces de respiration. Les familles en appartement, les personnes isolées ont besoin de pouvoir sortir en toute sécurité. Il faudra une information suffisante sur les conditions d’accès.


Tout ceci est certainement incomplet et seule une concertation démocratique forte permettrait d’avancer sereinement avec l’ensemble des habitant.e.s de notre ville vers un déconfinement dont nous ne connaissons que partiellement les conditions et les conséquences. Mais nous souhaitions par ces éléments avancer des pistes de réflexion pour que ce déconfinement se fasse dans les meilleures conditions sociales, sanitaires et environnementales possibles. Nous avons également à coeur de participer à la construction “du jour d’après” par des réponses concrètes aux questionnements des habitant.e.s de notre commune. Chacun.e doit pouvoir exprimer des propositions, des suggestions en remontant des expériences d’autres villes ou en étant source d’expérimentation sur notre territoire. L’humilité et l’humanisme, à l’issue de cette période d’isolement, doivent nous permettre de réinterroger notre modèle démocratique et ainsi prendre le temps nécessaire de construire des réponses collectives aux besoins exprimés.

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