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« Plus de “nous” et moins de “je”, c’est notre engagement », discours de Gaëlle Bénizé-Thual

Plus de 200 personnes étaient rassemblées vendredi 31 janvier au salon République pour assister au lancement de la campagne de Saint-Nazaire Ensemble, avec la présentation de notre programme pour Saint-Nazaire et de la liste des candidat·e·s.

Voici la vidéo de « Replay » de cette soirée.

Retrouvez le texte du discours prononcé à cette occasion par Gaëlle Bénizé-Thual, tête de liste de Saint-Nazaire Ensemble.

Chers amis.

Vous pouvez applaudir nos candidats. Il faut du courage et de l’énergie, mais surtout du désintéressement et des convictions chevillées au corps pour s’engager dans une campagne électorale dans notre ville.

À chacun d’entre vous, je veux simplement vous dire merci. Merci d’être ici, merci d’être mobilisés, dans la diversité de vos parcours et de vos expériences, merci d’être cette équipe, riche, diverse, à l’image de notre ville.

Merci pour vos valeurs, merci pour vos idées, merci pour vos révoltes et vos colères, parce que nous sommes la gauche et que notre raison d’être c’est de nous battre contre les injustices et pour une société meilleure.

C’est ce que vous faites toutes et tous.

Chers amis.

Je ne vais pas vous représenter tout le programme qui vient de vous être détaillé par notre équipe. Je veux vous dire quelques mots sur le contexte de cette élection et sur notre ville.

Cette élection n’est pas une élection ordinaire, parce que c’est l’honneur, l’histoire et l’avenir de notre ville qui sont en jeu.

Saint-Nazaire, c’est une ville qui est née avec la solidarité. Les passeurs de Loire, il y a des siècles, ouvraient la voie, avec l’humanité et la fraternité des gens de mer en aidant les navires à entrer dans l’Estuaire. Tout au long de son histoire, à travers les épreuves et les combats, des femmes et des hommes ont inventé ici des manières nouvelles de vivre ensemble qui ont fait l’histoire de la gauche et l’histoire sociale de notre pays.

Saint-Nazaire, c’est Aristide Briand avec la laïcité, avec la loi de 1905.

Saint-Nazaire, c’est Fernand Pelloutier avec les premières bourses du travail et les colonies de vacances pour les enfants de nos villes.

Saint-Nazaire, c’est Pierre Norange avec la naissance de l’université populaire.

Saint-Nazaire, ce sont les Castors, coopérative populaire de citoyens qui donnent de leur temps pour reconstruire leur ville et bâtir leur logement après les épreuves de la guerre.

Saint-Nazaire, ce sont les militantes et les militants, des luttes sociales, de 36, de 68 et de 1995, pour les droits sociaux, pour le progrès, pour la dignité, et je veux qu’on salue tous ensemble toutes celles et tous ceux qui ajoutent 2020 à la longue liste de ces combats avec la mobilisation pour nos retraites.

Saint-Nazaire, c’est une vie associative, sportive, culturelle, incroyable, avec un foisonnement, avec l’envie de partager, son expérience, ses idées, ses rêves et ses passions.

Saint-Nazaire c’est une ville qui, pour accueillir les réfugiés, à ouvert ses bras parce qu’elle ne peut pas oublier qu’un jour tous ses habitants ont été des réfugiés.

Saint-Nazaire, c’est une certaine idée de la gauche, qui s’unit pour l’essentiel, qui se bat et agit. Et si nous sommes ici ce soir, c’est pour continuer à faire vivre cet héritage, en l’ouvrant aux urgences d’aujourd’hui.

Permettez moi de dire un mot plus personnel, si je suis fière de beaucoup des choses qui ont été réalisées au cours du dernier mandat, il restera en moi comme pour beaucoup de Nazairiennes et de nazairiens comme une blessure, une trahison humaine, morale et politique.

Je pense évidemment à la façon dont le maire sortant a géré une affaire de violences sexuelles et la question du sexisme quotidien au sein de son équipe. Pas d’écoute, pas de décision, et en fin de compte, un déni, un mépris de la parole des femmes et une violence politique qui s’est ajoutée aux violences sexistes.

Non, M. Samzun, il n’y a pas eu de complot, il y a eu la protection de vos petits intérêts et de vos amis les plus proches. Et c’est en pensant à toutes les femmes qui ont subi des violences, en pensant à mes filles que j’ai décidé de démissionner l’été dernier. Le jour, où dans notre société, elles seront confronté au sexisme, au déni, je ne veux pas que mes filles, nos filles, n’aient autour d’elles que lâcheté et mépris.

Il y a eu la trahison morale. Il y a eu la trahison politique. En 2014, c’est l’union de la gauche qui a été élue et non pas juste une personne.

Cette gauche n’avait pas été élue pour qu’un petit clan décide de tout, en s’asseyant sur les échanges collectifs, sur la participation des habitants, puisque comme le dit le candidat sortant en coulisse “la participation, ça va bien cinq minutes”.

Cette gauche n’avait pas été élue pour dépenser 300 000 euros de peinture au sol et baisser dans le même temps les subventions allouées à nos associations sportives culturelles et sociales.

Cette gauche n’avait pas été élue pour construire, comme le disait il n’y a pas si longtemps le candidat sortant, une “ville haut de gamme” avec des services et des espaces réservés uniquement à quelques uns.

Cette gauche n’avait pas été élue pour que le conseil municipal adopte, en pleine trêve hivernale, un voeu en faveur de l’expulsion des gilets jaunes, avec le soutien de LREM et de l’extrême droite.

Oui, nous sommes en rupture avec ce système parce que notre ville étouffe de ces pratiques politiques faites de renoncements et de petits arrangements.

Nous voulons, ensemble changer d’air. Retrouver un état d’esprit, revenir à la gauche imaginative, créative et audacieuse.

C’est pour cela que nous nous sommes rassemblés, dans un travail collectif, dès l’automne dernier. Après l’année épouvantable que nous avions vécu, en discutant, avec des associations, avec des citoyens, j’ai entendu que les nazairiens attendaient une autre voie pour notre ville.

Dans cette élection, nous sommes la seule liste de rassemblement de la gauche, une liste citoyenne, du social et de l’écologie, de la démocratie et de la participation.

Je suis émue de nous voir ici ce soir, ensemble. Je suis heureuse que nous nous trouvions ou que nous nous retrouvions. Nous aurions pu, je le dis amicalement à nos amis écologistes, nous rassembler encore davantage, ils ne l’ont pas souhaité avant le premier tour, nous le ferons au second.

J’ai grandi dans les associations : entre les amicales laïques, la ligue de l’enseignement, les clubs sportifs, la Solidarité internationale. Je suis une militante, à 200%. Quand je m’engage, au-delà des valeurs, je suis dans l’action et je partage cette volonté de proximité, de simplicité, de concret avec tous les acteurs du territoire : ses habitants, ses associations.

Nous proposons donc un changement de méthode, d’organisation : je ne veux pas être maire pour diriger, mais pour animer, pour co-construire, pour relever ensemble les défis sociaux, écologiques et démocratiques.

Plus de “nous” et moins de “je”, c’est notre engagement.

Cette élection n’est pas une élection ordinaire, parce que nous rentrons dans une époque où la question va être de savoir si à l’avenir, notre ville restera même vivable. Saint-Nazaire ne sera vivable, résiliente face à toutes ces épreuves que si elle est solidaire, collective, que si on décide ensemble, que si on y fait vivre une démocratie bien plus sociale, attentive à toutes et tous et proche des gens. Il faut changer et changer fort.

C’est ce que nous proposons avec notre programme.

Nous voulons préparer notre ville au changement climatique. Notre territoire est menacé par les risques littoraux, par des températures auxquelles nous ne sommes pas habitués.
Nous voulons engager une transition écologique populaire à Saint-Nazaire, garantir l’accès aux biens communs, à un air et une eau de qualité. Développer la présence de la nature dans la ville, réduire l’artificialisation des terres, faire une révolution des transports et de la mobilité. Tourner l’économie de notre territoire vers des voies plus durables et économes en énergie.
Nous voulons une ville plus juste, plus humaine, nous refusons une ville à deux vitesses. Notre commune peut en faire plus pour ceux qui ont moins. Notre ville doit lutter réellement contre toutes les formes de violences, en particulier à l’égard des femmes. Elle doit avoir une ambition éducative plus grande pour la réussite de tous ses enfants et veiller à leur bien-être. Elle doit rattraper son retard dans l’accueil de la petite enfance. L’accès à la culture doit y avoir une place centrale. Notre ville doit accueillir dignement ceux qui viennent d’ailleurs.
Nous voulons une ville qui nous écoute et nous respecte. La démocratie participative doit être une réalité. Nous ouvrirons des débats citoyens. Nous voulons des élu.e.s qui rendent compte de leur mandat régulièrement et soient accessibles à l’ensemble des habitant.e.s.
Nous voulons remettre nos vies au cœur des choix de notre ville. Cela veut dire construire ensemble une vie agréable dans une ville humaine, avec des services municipaux renforcés, du logement pour tous, des commerces et services de proximité et des lieux de vie, en sécurité dans tous nos quartiers.
Notre ville doit remettre au cœur de ses choix celles et ceux qui la font : ses citoyens. Nous voulons remettre de l’humain partout penser aux personnes, au concret.

Nous voulons agir pour Julie, cette mère de famille du petit caporal seule avec deux enfants comme une famille sur cinq à Saint-Nazaire, qui n’a pas de voiture, comme 13 000 foyers dans notre ville, et qui jongle avec des correspondances de bus qui rendent sa vie de tous les jours difficile.

Nous voulons agir pour cette famille de Kerlédé, qui jongle toutes les fins de mois et qui paie le m3 d’eau, qu’elle économise chichement, au même prix qu’un résident secondaire paie le millième m3 de sa piscine à Pornichet.

Nous voulons agir pour toutes celles et ceux pour qui Les Escales ou l’Aquaparc sont devenus inaccessibles, qui n’ont plus d’offres de colonies de vacances pour leurs enfants, ceux qui sont fatigués de fournir mille fois les mêmes papiers pour simplement faire valoir leurs droits.

Une élection c’est un choix, un débat politique. Il va falloir choisir, entre des visions de la ville, et il y a des visions différentes qui s’affrontent dans cette élection, entre l’extrême-droite, les droites, qu’elle soit représentée par ses partis, LR, le Modem, LREM ou ses amis, avec le candidat sortant, et la gauche que nous représentons.

Beaucoup de gens parlent des urgences sociales, écologiques et démocratiques mais qui propose des actions concrètes et d’une ampleur suffisante ?

Avec nous, choisissez la transition écologique populaire, avec la gratuité des transports, avec le tarif social et la gratuité des premiers m3 d’eau.

Avec nous, choisissez un vaste réseau d’axes cyclables vraiment sécurisés qui relient les quartiers de notre ville, et pas juste des bandes rouges peintes sur le bord des routes à quelques mois des élections.

Avec nous, choisissez la fin du développement des zones commerciales en périphérie, et pas juste des discours la main sur le cœur pour pleurer face aux commerces qui ferme.

Avec nous, choisissez la volonté de maintenir la gratuité des TPE, choisissez d’engager un grand plan face à l’échec scolaire qui est plus élevé à Saint-Nazaire qu’ailleurs et pas de laisser le sujet sous silence.

Avec nous, choisissez de planter des milliers d’arbres, de créer un grand parc urbain pour tous et pas l’acharnement à essayer de faire à tout prix un port de plaisance réservé à quelques-uns.

Avec nous, choisissez la volonté de sortir l’hôpital du Partenariat public privé et d’assurer des moyens pour ses personnels, quand d’autres préfèrent éviter de parler du sujet.

Avec nous, choisissez des candidats qui prennent des engagements éthiques et contre les conflits d’intérêts, et pas des élus qui ne se posent même pas la question.

Avec nous, choisissez de répartir les pouvoirs entre maire et président de l’agglomération, l’absence de cumul de mandat,

Avec nous, choisissez la suppression des “jetons de présence” des élus dans les organismes associés à la ville plutôt que ceux qui préféreraient continuer à les encaisser.

Avec nous, choisissez de réinventer une gauche qui porte depuis 1924 les couleurs de cette ville, choisissez la fidélité de notre ville à son histoire pour qu’elle puisse fêter 100 ans de gauche à Saint-Nazaire dans ce mandat, avec une gauche vraie et pas une pâle imitation libérale.

Avec nous choisissez la gauche, qui assume clairement ses alliances et ses orientations, avec un accord avec les écologistes au second tour et pas ceux qui préparent en coulisse, en catimini, un accord avec LREM et les amis du président Macron qu’ils ont soutenu.

Avec nous, faites le choix de celles et ceux qui sont profondément la gauche, de gauche, par tous nos engagements, au plus profond de nous-même, et pas ceux qui essayent de faire croire qu’ils en sont encore, quand tant d’actes montrent le contraire.

Chers amis.

Rien ne me destinait à être candidate. Dans le petit jeu politique nazairien, les femmes sont surtout destinées aux places que d’autres leur ont réservées pourvues qu’elles n’en débordent pas et qu’elles se taisent.

Ils se sont trompés.

Ils ont aussi cru qu’ils pourraient faire taire la gauche, ses valeurs, ses combats, ses énergies, ses différences.

Nous sommes là et bien là, nous nous sommes rassemblés, nous avons travaillé et nous nous présentons au suffrage avec un programme sérieux.

Nous sommes là. Que personne ne s’y trompe, nous sommes prêts et nous sommes là pour gagner.

Je vous appelle à porter ce projet partout,

À le diffuser, dans les cages d’escalier, dans les débats, sur les marchés, auprès des jeunes et des anciens,

À le partager sur les réseaux sociaux et sur les boites mails.

À inviter vos amis et les citoyens à nous rejoindre dans nos réunions et nos rencontres.

Nous avons 45 jours,

Nous avons 45 jours pour changer d’air à Saint-Nazaire.

Nous avons 45 jours et on va le faire ensemble.

3 réflexions au sujet de « « Plus de “nous” et moins de “je”, c’est notre engagement », discours de Gaëlle Bénizé-Thual »

  1. Bravo! Beau texte qui résume bien la situation. je crois que nous sommes nombreux( ses) à ne plus supporter la façon très personnelle et autoritaire qu’a le maire actuel de gérer(?) la ville. Bonne chance.

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