Ecologie

25 000 arbres à Saint-Nazaire c’est possible ?

Un article de Presse Océan paru ce week-end ironise sur la proposition de Saint-Nazaire Ensemble de planter 25 000 arbres dans notre ville, au prix de plusieurs erreurs manifestes, contribuant à discréditer un projet tout à fait sérieux. Désintox.

>> Il n’y aurait pas la place

Faux. 

Presse Océan dit “avoir pris sa calculette”, il faudrait peut-être revoir quelques notions avant. S’il faut 1000m pour faire 1 km, 1km2 est une surface de 1000mx1000m, soit 1 000 000 de m2 et pas 1000m2..

La superficie de Saint-Nazaire n’est pas de “460 000m2” comme l’affirme Presse Océan, mais de 46 km2, soit 46 000 000 m2. 460 000 m2, c’est seulement la surface de la plaine des sports et du parc paysager.

Le chiffre de 10 m2 de surface occupée par arbre est aberrant, parce que s’il peut (plus ou moins) correspondre à la zone du houppier ou du système racinaire de l’arbre en sous-sol, il ne correspond pas à la surface réellement occupée au sol par un arbre. Un arbre d’alignement dans une rue, sous lequel des piétons passent, sous lequel on peut mettre un banc, n’occupe au sol que la place de son tronc, donc moins d’1m2, le reste de la surface restant utilisable pour des espaces publics.

Et même en admettant ce chiffre absurde de 10m2 par arbre, une surface arborée de 25 000 arbres, représenterait donc… 0,54% de la surface de la commune, très loin des 54% correspondant au ratio 250 000 m2 sur 460 000 évoqué par l’article.

On devrait planter sans avoir besoin de “construire des cabanes” pour loger les 72 000 habitants (et pas 74000).

>> C’est intenable pour les services municipaux, cela fait “120 arbres tous les dix jours week-end compris” pendant le municipe.

Faux.

Presse Océan a encore quelques petits problèmes avec sa calculette. 120 arbres tous les 10 jours pendant 6 ans, cela fait 120×36,5= 4380 arbres par an multipliés par les 6 ans de la mandature = 26280 arbres et pas 25000.

Cette erreur reste mesurée, c’est surtout la lecture de notre programme qui est erronée: notre texte indique  “Notre ville compte 45 000 arbres sur ses espaces publics. Nous planterons 25 000 arbres supplémentaires, pour arriver à un arbre par nazairien, en impliquant la commune, les citoyens, les entreprises, les associations …”. Nous assumons un effort important de plantation, mais il n’est pas sérieux de faire croire que nous proposons que ces arbres soient uniquement plantés par les services municipaux ou par la seule puissance publique.

D’autant plus qu’une partie de ces plantations a vocation à être effectuée dans le cadre de chantiers de création ou de développement d’espaces verts, prévus dans notre programme, qui seront bien évidemment l’objet de marchés publics. À lui seul, le parc de l’Estuaire que nous proposons au Petit Maroc, offre une surface permettant d’envisager de planter des arbres à l’échelle du millier sur une seule opération.

>> L’action d’autres territoires montre que notre proposition n’a rien de fantaisiste

De nombreuses collectivités se lancent dans des politiques de végétalisation rapides et à grande échelle. Ces politiques s’assortissent souvent d’efforts plus globaux pour désimperméabiliser les sols et pour développer la biodiversité dans la ville (débitumisations, hôtels à insectes)

>> Toulouse : 1200 arbres plantés en 1 journée par des bénévoles

>> Milan : 3 millions d’arbres plantés en 10 ans
Ainsi, Milan assure qu’à terme, sa forêt urbaine permettra d’abaisser la température de 2 degrés dans la ville et d’absorber 5 millions de tonnes de C02 par an, soit 80 % de toutes ses émissions.

>> Région Bretagne : 5 millions d’arbres plantés en 6 ans

>> Londres a planté 80 000 arbres en un week-end et va en planter 800 000 d’ici à 2050

>> La vérité, c’est que plus d’arbres dans la ville à Saint-Nazaire, c’est indispensable

Avec la perspective d’une hausse des températures et pour lutter contre le changement climatique, nous avons besoin d’arbres en plus grand nombre.

Parce que l’arbre absorbe du carbone

Les forêts couvrent 31% de la surface terrestre et constituent, derrière les océans, le 2ème plus grand puits de carbone de la planète.Même si une réduction de nos émissions de gaz à effets de serre est indispensable, planter davantage d’arbres permet d’absorber une partie de celles-ci. Et les arbres transforment ce CO2 en oxygène.

Parce que l’arbre permet de limiter la chaleur

Au-delà de l’effet direct de l’ombre sur la température, les effets bénéfiques sont multiples. L’arbre contribue, grâce à sa transpiration naturelle, à une évaporation d’eau qui contribue à l’humidification de l’air. La désimperméabilisation des sols qui va souvent de paire avec sa plantation permet de mieux retenir l’eau et contribue à un «effet oasis». De plus, les zones végétalisés n’emagasinent pas la chaleur comme certaines surfaces artificielles.

En ville, l’écart entre une zone à fort couvert arborescent et une zone sans arbres peut aller jusqu’à 4 ou 5 °C, même si elles ne sont séparées que de quelques centaines de mètres. Avec des perspectives de hausse du niveau des températures qui devraient nous amener à un climat plus proche de l’Europe du Sud à Saint-Nazaire dans les prochaines décennies, c’est donc indispensable d’anticiper ces plantations: il faut du temps pour que ces arbres grandissent.

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